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FIS student a winner of Short Story Competition

The magazine Sauvés par le Kong organised a writing competition with the theme “Contre un coin d’parapluie” which was open to the whole French speaking and Francophile community in Hong Kong.

The jury comprised 10 members from different French speaking organisations in Hong Kong:

  • The French International School of Hong Kong
  • Parenthèses bookshop
  • Consulate General of France in Hong Kong and Macau
  • The Alliance française
  • Le Petit journal.com
  • Lou Pitchoun, the pre-school

Three winners were selected by this jury and the prize ceremony was held on Tuesday 13 December at Parenthèses, the French bookshop.

  • 1st Prize Adults: Mélissa Parrinello for La Croisée des Chemins
  • 1st Prize Secondary Students: Corentin Felten, FIS student, for Parapluie
  • 1st Prize Non-native speaker: Edward Wong for La Pluie

The magazine Sauvés par le Kong will run its poetry competition for the second time in March 2017, French speaking month. The theme will be released soon!

In the meantime, enjoy these few lines from the world of Corentin Felten.

Well done to all!

 

PARAPLUIE by Corentin Felten

Je vais la chercher. Je suis plus joyeux que jamais. Le sourire que j’ai sur mes lèvres ne s’estompera pas, je le sais, je le sens. Je sors de chez moi, il pleut. J’ouvre mon parapluie. Peu importe la pluie, puisque je l’ai elle. L’eau goutte, goutte et tombe en flaques par terre. Je vais la retrouver. Mes pas sont rapides. Dehors il fait froid. Mais je ne le sens pas, elle m’en protège. Sous mon grand parapluie bleu, je m’en vais la retrouver.

Autour de moi, sous leurs larges ombrelles, que des couples. Un Lui, une Elle, deux Lui ou deux Elles, ils sont tous deux. Moi, je ne suis encore qu’un pour l’instant, mais je vais la chercher. La gare n’est pas très loin, mais je suis parti en avance donc je prends mon temps. J’aime beaucoup la pluie. D’ici peu, moi aussi je serai à deux. Je serais à deux sous ce grand parapluie bleu. J’ai hâte de la revoir. Elle est si rayonnante… Elle pourrait chasser la pluie à elle seule, juste en levant la tête. Et bientôt, elle sera avec moi sous ce parapluie. En échange du parapluie, je pourrais la contempler, pendant tout le trajet pour ma maison. Que dis-je, pour notre maison. Je marche, direction la gare.

On y est, d’ici peu de temps. Son train arrive à huit heures vingt-cinq. Dans quinze minutes. Je vais la revoir. La pluie coule, coule, forme des ruisseaux qui inondent les trottoirs et la rue. Les couples évitent gracieusement les flaques, rien ne semble les atteindre. La pluie me mouille les jambes, mais cela ne me fait rien. Je continue à avancer vers la gare. Vers Elle. La buée sort de ma bouche à chaque pas, mais je ne m’arrête pas pour autant. Sous les parapluies, les couples forment une seule et même buée, qui semble les entourer et les protéger.

Sur mon chemin, je croise un petit chien abandonné. Le pelage gris, trempé, l’air épuisé, je me sens pris de pitié pour lui. J’attrape dans ma poche l’un des deux pains au chocolat que j’avais pris pour Elle et moi, et je lui tends. Il l’avale goulument, et aboie joyeusement. Je me redresse, lui souris, et reprends mon petit bonhomme de chemin vers la gare.

Les gouttières chantent. L’eau sur la tôle sonne, et joue un rythme excitant. Je me surprends à sautiller, comme un enfant. L’impatience me dévore. J’arrive près de la gare. Mon grand parapluie bleu… Je me souviens de quand elle me l’avait offert. À Noël dernier, avec cet appareil photo que je voulais depuis si longtemps. Je pense que c’était le Noël que j’ai préféré de tous ceux que j’ai fait. Il était si… si parfait. J’entre dans la gare. Je lui avais acheté une paire de chaussure dont elle rêvait, et un blouson en cuir noir. Je m’arrête sur le bord de la voie, parmi les autres qui attendent le train. Plus que cinq minutes.

Le train roule, roule, et arrive sur le quai. Je suis plus excité que jamais. La foule qui attend les passagers est impressionnante. Tout le monde autour de moi est seul sous un parapluie, attendant sa moitié. Le train s’arrête. Les respirations aussi. Le silence tombe brusquement. La porte s’ouvre dans un chuintement. Une personne en descend, part se réfugier sous le parapluie lui correspondant. Puis une autre. Une petite dizaine de personnes sort du train, comme de l’eau qui coule d’une bouteille percée. La voilà. Elle est radieuse. Ses longs cheveux, son visage, elle est infiniment belle. Une larme coule sur mon visage, et va se mêler à l’eau qui mouille le sol. Mon sourire se fait plus grand que jamais. Elle descend lentement, puis part se perdre dans la foule de parapluie. Elle disparait de mon regard. Je m’éloigne de ce banc de parapluie, et me retourne pour l’attendre. Elle marche. Sous un autre parapluie. Avec un homme que je ne connais pas, qui n’est pas moi. Elle passe devant moi sans même me voir. Mon cœur se brise. Je ferme le parapluie. La pluie dégouline le long de mon visage, de mon corps, avant de s’écraser lamentablement sur le sol. Les perles coulent de mes yeux pour rejoindre l’eau déjà omniprésente. Je m’appuie contre un mur, et m’effondre par terre dans une flaque. Je suis trempé. Tant pis. J’ai froid. Peu importe. Les hoquets convulsionnent mon corps désormais si faible. Je suis brisé. Je ne sourirai plus jamais. Et cette pluie qui tombe, sans s’arrêter, ah ! Comme je déteste la pluie ! Perdu dans mes larmes, je n’ai pas vu le petit chien approcher. Il me lèche gentiment la main. Je le caresse. Maintenant, on est deux dans la même misère. Je relève la tête, et je vois. Depuis le début, je n’apercevais que les couples. Mais tout autour d’eux… Des dizaines et des dizaines d’âmes perdues. Comme moi, des gens seuls. Des gens envieux de ces couples qui passent sous leurs parapluies. Des gens qui n’en peuvent plus de se faire pleuvoir sur la tête. Des gens qui veulent être sous un parapluie. Je ne suis pas seul. Mais pour le moment, je suis seul.

L’Amour est comme un parapluie. Il garde des intempéries. Mais lorsqu’il est plié, fini. Il nous laisse seuls, affaiblis.